Faites connaissance avec Corenove (interview)

En 2018, Émissions Zéro a pris une importante participation au capital de la jeune Coopérative CORENOVE qui promeut la rénovation énergétique des bâtiments. Notre secrétaire chez EZ, Georges Geury a été à la rencontre de Thierry Laureys et Daniel Comblin co-fondateurs de la coopérative.

Odoo - Echantillon n°1 pour trois colonnes

Daniel comblin

Odoo- Echantillon n° 2 pour trois colonnes

Thierry Laureys

Odoo- Echantillon n° 3 pour trois colonnes

Georges Geury

1/ Comment est né(e) la coopérative Corenove ?

T.L. : Corenove est simplement parti d'un constat qu'on a fait tous les 2 : Daniel était conseiller en énergie à la ville de Gembloux et consultant indépendant ; ainsi, il participait à l'élaboration de plans de réduction de gaz à effet de serre au niveau des communes de Wallonie. On a travaillé tous les deux au programme POLLEC (POLitique Local Energie Climat) et pour ma part, j’étais à temps plein dans cette dimension-là depuis 2010. Le plus grand potentiel de réduction de gaz à effet de serre que nous avons découvert tous les 2 c'est dans le bâti existant, d’où est née Corenove.

D.C. : la 1ère expérience pilote a été lancée par la ville de Gembloux, pour aider les citoyens en offrant un service d'accompagnement pour faire de la rénovation énergétique de leurs bâtiments. On a lancé un cahier des charges et c'est Thierry qui a remporté le marché. Comme la collaboration s'est bien déroulée entre nous 2 et qu'on est arrivé à des résultats significatifs (1 000 000 € de travaux sur une bonne quarantaine de rénovations), et qu’en plus j’arrivais à la retraite en début 2018, on a décidé de lancer une nouvelle société pour proposer nos services à d'autres communes en Wallonie.


2/ Quel est objectif de Corenove ?

D.C. : C'est offrir un service pour aider les citoyens à rénover leurs bâtiments ; ça peut être aussi bien du logement que du commerce ou des petites entreprises ; ce sont bien les bâtiments et pas les outils de productions, mais aussi les immeubles à appartements.


3/ Quel est le business model de Corenove ?

T.L. : On s’est constitué en coopérative directement, on a contacté les coopératives citoyennes qui étaient déjà engagées dans les énergies renouvelables comme Emissions Zéro et quelques autres, on a contacté aussi le cluster Eco Construction pour avoir vraiment des gens très branchés rénovation énergétique avec éco matériaux, pour nous c'est hyper important.

Nous sélectionnons des entreprises au niveau local, dans un rayon de 35 kilomètres pour être cohérent avec les réductions de gaz à effet de serre, toutes les entreprises qui permettent de faire des économies d'énergie, d'isolation, chassis, chaudières, photovoltaïques, … tout ce qui est nécessaire ; ensuite on lance une campagne de mobilisation avec les citoyens en insistant bien sur le mot mobilisation, on arrête d’informer, de sensibiliser,… cette fois-ci on veut mobiliser non pas sur le climat mais sur les économies d'énergie que l’on va pouvoir faire, donc sur l’autofinancement et même l’économie financière qui en découle. Daniel insiste sur le mot « gain financier », non seulement vous pouvez rembourser l'emprunt que vous avez contracté pour vos travaux mais en plus vous pouvez faire un gain financier ; on a ainsi vraiment anticipé sur le mouvement des gilets jaunes, on est en plein dedans et donc c'est comme ça qu'on a lancé la méthode et qu'on touche tout type de clients.


4/ Quel est le profil du client type ?

D.C. : Nos clients sont les communes et pas les particuliers ; à côté, il y a les candidats à la rénovation ou utilisateurs finaux, ceux qui font la rénovation ; Corenove est payé par les communes et les entreprises qui nous ristournent un pourcentage sur les travaux, ce qui correspond à un cofinancement public-privé. Les clients types, ce sont donc essentiellement les communes, mais ça peut être les fondations, GAL, intercommunales, ainsi qu’avec des villes comme Mons et Liège !.. Risque avec ces villes : qu’ils ne mettent pas les moyens suffisants pour mener à bien des actions réalistes.

T.L. : On a des commandes de différentes communes :

  • ville de Namur

  • GAL du Pays de l’Ourthe (7 communes)

  • GAL des Condruzes (7 communes)

  • Fondation Cyrys (Abbaye de Leffe – collaboration avec 6 communes autour de Dinant)

  • ville de Gembloux (la 2ème édition de l’opération démarre fin 2018)


5/ Comment se compose l’équipe de Corenove actuellement ? Et qui fait quoi ?

T.L. / D.C. : L'équipe actuelle de Corenove : il y a déjà 2 salariés : une secrétaire de direction et un ingénieur spécialiste en isolation qui fait des audits avec Daniel, et qui seront amenés à diriger la coopérative.

A côté, nous avons également des sous-traitants : ce sont des auditeurs-certificateurs (4 sous-traitants) qui font des audits avec Daniel ainsi qu’un cinquième pour tenir des réunions d’aide à la décision pour la ville de Namur.

T.L. : Daniel et moi sommes les 2 initiateurs ; comment fonctionnons-nous ? : c’est Daniel qui supervise et va faire un audit simplifié du bâtiment pour essayer de repérer quels sont les travaux qu'il faut faire pour obtenir le maximum d’économie d’énergie, puis les entreprises que nous avons sélectionné vont faire des devis et puis là - c'est plutôt moi qui m'en occupe mais en travaillant en équipe - c'est une réunion d’aide à la décision donc on retourne individuellement dans chaque bâtiment, on analyse l’audit, on encode des devis dans un simulateur (logiciel ad hoc) et on voit apparaître automatiquement le scénario d’autofinancement ainsi que les économies d’énergie que les travaux vont engendrer ; vos travaux vont vous coûter autant, parfois on dégage des bénéfices, parfois une somme ridicule, parfois 50.000, 60.000 €, …


6/ Ou devrait se situer Corenove dans 3 ans, 5 ans ?

T.L. : nous espérons que d’ici 5 ans, elle soit sur rails ; qu'elle soit un outil vraiment performant pour la transition énergétique en Wallonie mais ça voudra dire qu'il faudra faire beaucoup plus de rénovations qu'aujourd'hui si on veut atteindre les accords de Paris au minimum. Donc Corenove, c'est finalement un laboratoire parce qu'on sera passé par toutes les phases de difficulté tels que les prêts zéro pourcent, etc …

D.C. : On peut dire que pour le moment on travaille sur 5 projets donc dans 5 zones différentes. La plupart, ce sont des contrats qui durent souvent 2 ou 3 ans et donc à échéance de 3 ans, il n’y a pas de souci, ce qui risque d’arriver, c’est que cela explose !

Moi je pense que si ça fonctionne dans 5 ans, c'est fois 10.

Nous avons rencontré les représentants de la Confédération de la Construction en leur disant « si on veut respecter les accords de Paris, il faut faire 35 000 rénovations chaque année en Wallonie pendant 20 ans et ça créerait 10 000 emplois dans le secteur de la construction ». On a également dit ça au Cabinet Crucke, on y va les gars ?


7/ En quoi Corenove est différent (e) d’Emissions Zéro ?

T.L. : On n’est pas différent, on est complémentaire. Chaque fois qu’on a rencontré des communes, on a mis en évidence le potentiel d’énergie renouvelable et le potentiel d’économie d’énergie. Le potentiel d’énergie renouvelable, Emissions Zéro le développe avec tous ses coopérateurs.

Et nous nous intégrons tout cela, c’est surtout le photovoltaïque ainsi que la biomasse dans les régions rurales (chaudières à pellets, chaudières bûches, etc…) et quand c’est possible le solaire thermique. Ce sont des petites installations, individuelles.

Emissions Zéro met des projets collectifs en route au niveau du renouvelable et nous Corenove, ce sont les économies d’énergie et l’énergie renouvelable au niveau plus individuel.

De là l’intérêt d’Emissions Zéro.

D.C. : Corenove est plus dans l’opérationnel, EZ c’est plus le financement.

EZ a été un des plus gros coopérateurs. Aujourd’hui la Sowecsom a rejoint le capital de Corenove et est ainsi devenu le plus important coopérateur, du moins pour l’instant.

Dès lors, Corenove ne recherche pas de nouveaux coopérateurs pour l’instant ; notre business plan progresse bien via la forte demande ; la difficulté, ce sont les procédures administratives qui prennent beaucoup de temps, ce qui fait que les gens signent les devis plus tard et tout cela nous crée des problèmes de trésorerie. On serait heureux que d’autres coopératives nous apportent leur soutien et nous rejoignent, mais cela pourrait déséquilibrer la répartition du capital. Une alternative serait de travailler via des prêts pour ne pas modifier l’équilibre initial dans cette répartition.


8/ Et au niveau zone géographique ?

D.C. : Corenove n’est pas présent à Bruxelles (uniquement en Wallonie) et ce pour quelques raisons : les problèmes de déplacement ainsi que la difficulté de bien connaître la législation, différente de celle de la Région wallonne. Corenove pourrait faire du coaching pour une société bruxelloise qui démarrerait et qui fonctionnerait dans le même esprit que nous … mais c’est un autre job !

On devra peut-être se structurer en antennes provinciales vu les déplacements qui sont parfois nécessaires en Wallonie !


9/ Un message à passer aux coopérateurs d’Emissions Zéro ?

D.C. : On est conscient que notre coopérative doit faire du bénéfice et on ne cherche pas à augmenter le capital de façon démesurée pour ne pas défavoriser ceux qui ont mis du capital au départ dans Corenove. Il y aura quasi certainement un return à échéance de 2 – 3 ans et encore plus après si on se développe.





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