Le circuit court de l’électricité

Comment Emissions Zéro transforme vos euros en électricité ?

Comment l’euro que vous investissez dans Emissions Zéro devient-il de l’électricité produite localement et injectée sur le réseau ? Voici une explication simple et complète de ce parcours, depuis votre investissement jusqu’à la prise de courant.

Le circuit de l'électricité

1. Votre investissement : la base du projet

Chaque part acquise par un·e coopérateur·rice (260 €) augmente le capital de la coopérative Emissions Zéro.

Ce capital est utilisé pour investir dans des projets de production d’énergie renouvelable.

Grâce à ces investissements, Emissions Zéro a déjà contribué au financement d’une quinzaine d’installations :

  • éoliennes,

  • centrales hydroélectriques,

  • installations photovoltaïques,

  • unités de biométhanisation.

Un projet est considéré comme abouti lorsque le site devient opérationnel, c’est-à-dire lorsqu’il produit effectivement de l’énergie.

2. Pourquoi des montages financiers sont nécessaires

Dans la pratique, l’argent apporté par les coopérateur·rice·s permet de couvrir une partie des coûts d’un projet, notamment :

  • les études préalables,

  • la conception,

  • la construction,

  • la mise en service de l’installation.

Dans les faits, des financements complémentaires sont souvent nécessaires, par exemple sous forme de prêts bancaires.

Selon le rôle qu’Emissions Zéro joue dans le projet, on distingue trois grands types d’intervention.

3. Premier scénario (le plus fréquent) : Emissions Zéro actionnaire

Le plus souvent, Emissions Zéro devient actionnaire d’une société créée spécifiquement pour exploiter une installation de production d’énergie.

Cette société porte le nom de SPV (Special Purpose Vehicle). Son objectif est unique : exploiter l’installation (éolienne, centrale hydroélectrique, etc.).

Par sécurité et dans un esprit de collaboration, Emissions Zéro n’est presque jamais seul investisseur. En tant qu’actionnaire, la coopérative :

  • siège au conseil d’administration de la SPV,

  • participe aux décisions,

  • exerce une influence proportionnelle à sa participation dans le capital.

Exemple concret

Les éoliennes des Moulins du Haut Pays (MHP), à Dour et Quiévrain :

Emissions Zéro détient 50 % de deux éoliennes, chacune en partenariat avec les communes concernées.

4. Deuxième scénario : Emissions Zéro tiers investisseur

Dans ce cas, Emissions Zéro finance l’ensemble du développement d’une installation jusqu’à sa mise en production.

Une fois l’installation opérationnelle, elle est mise à disposition d’un client — souvent un acteur public ou de l’économie sociale — qui verse à Emissions Zéro une redevance mensuelle pendant une durée déterminée (généralement 10 à 15 ans).

Exemple concret : À Courcelles, Emissions Zéro a financé des panneaux solaires et des ombrières photovoltaïques pour :

  • l’hôtel de ville,

  • des écoles,

  • le CPAS.

5. Troisième scénario (plus rare) : Emissions Zéro prêteur

Emissions Zéro peut également accorder un prêt, par exemple à un propriétaire de bâtiment souhaitant installer une unité de production d’énergie renouvelable.

Le prêt est remboursé mensuellement sur une durée convenue.

Exemples :

  • des écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles à Bruxelles, équipées de panneaux photovoltaïques ;

  • un prêt à la coopérative citoyenne Energ’Ittre pour l’installation de panneaux solaires sur le Centre sportif de Virginal.

 

6. Du réseau à votre prise

Les éoliennes produisent presque toujours de l’électricité entièrement injectée sur le réseau. Les installations financées via un tiers investisseur ou un prêt servent d’abord généralement à l’autoconsommation locale du client, le surplus éventuel étant injecté sur le réseau.

Quoi qu’il en soit, l’électricité injectée sur le réseau est vendue à des fournisseurs dont principalement, en Wallonie, à COCITER, le seul fournisseur 100 % vert, local et citoyen.

En tant que coopérateur·rice d’Emissions Zéro, vous pouvez profiter de cette vente de deux manières :

  • en percevant un dividende annuel pouvant aller jusqu’à 3 %, issu des bénéfices générés notamment par la vente de l’électricité produite ;

  • en devenant, en Wallonie, client·e de COCITER, et en consommant l’électricité que vous avez contribué à produire par votre investissement.

C’est ce qu’on appelle, tout simplement, le circuit court de l’énergie.

En résumé

Votre euro permet directement et indirectement :

  1. de renforcer le capital d’Emissions Zéro ;

  2. de financer des installations renouvelables locales ;

  3. de produire de l’électricité verte injectée sur le réseau ;

  4. de générer des revenus via la vente de cette électricité ;

  5. de contribuer au versement de dividendes aux coopérateur·rice·s ;

  6. d’alimenter en électricité des foyers dont peut-être le vôtre.

En résumé, investir dans une coopérative comme Emissions Zéro, c’est donner du sens et de l’impact à votre argent.

 

Georges Geury